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QUELS SONT LES Impacts ?

Les plantes invasives sont un des problèmes écologiques majeurs du 21ème siècle. Elles représentent  un enjeu très important pour la sauvegarde de notre biodiversité.

 

Des impacts écologiques

Une fois établies dans un site, les plantes invasives dominent la végétation en formant des tapis denses et continus. Elles prennent la place des espèces indigènes. Leur développement excessif peut ainsi conduire à une diminution de la diversité biologique. Elles perturbent ainsi la structure et la composition de la végétation, ce qui se répercutent sur les espèces animales inféodées à ces milieux (insectes, oiseaux, faune du sol, etc.). 

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A gauche : une forêt envahie par le cerisier tardif (Prunus serotina). Photo : S. Vanderhoeven
A droite : une autre espèce invasive en forêt : le rhododendron pontique (Rhododendron ponticum). Photo : Y. Barbier


Certaines plantes invasives modifient fortement le fonctionnement des écosystèmes en changeant par exemple les propriétés physico-chimiques du milieu. Dans les écosystèmes terrestres, les plantes invasives modifient la composition de la litière et altèrent le cycle des éléments minéraux dans les couches superficielles du sol. Dans les écosystèmes aquatiques, les plantes invasives peuvent entièrement recouvrir un plan d'eau, ce qui conduit parfois à son asphyxie et à la mort de la vie aquatique.D’autres produisent des substances toxiques (dites allélopathiques) qui sont libérées dans le sol ou dans l'eau et qui empêchent la croissance des autres espèces végétales. C'est le cas par exemple des renouées asiatiques (Fallopia japonica, F. sachalinensis et F. x bohemica), des jussies (Ludwigia grandiflora et L. peploides) et des solidages nords-américains (Solidago canadensis et S. gigantea) L’arrivée de telles espèces dans un écosystème engendrent souvent de gros bouleversements pour celui-ci.

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A gauche : un plan d'eau envahi par la jussie à grandes fleurs (Ludwigia grandiflora) en France. Photo : A. Dutartre
A droite : une photo aérienne d'un autre plan d'eau envahi par la même espèce. Photo : A. Dutartre


Il existe de nombreux autres impacts écologiques, tels que les risques de croisement (hybridation) avec les espèces indigènes (impact sur la génétique des populations), les effets sur les pollinisateurs et les communautés animales au sens large (la faune du sol, les insectes, les oiseaux, etc.). L’ampleur et la  multiplicité des impacts font des espèces invasives une des principales causes de perte de biodiversité à travers le monde.

 

Des impacts économiques

En Flandre, la gestion d’une seule plante aquatique invasive, l’hydrocotyle fausse-renoncule (Hydrocotyle ranunculoides), coûte annuellement 1.5 million d’euros !


Les impacts économiques engendrés par les plantes invasives sont parfois considérables. Ces espèces sont difficiles à contrôler une fois répandues dans la nature. On observe deux types de pertes économiques. Il y a d’une part les coûts directs liés au contrôle de leur expansion. Ces coûts sont souvent très élevés, incluant une main d’œuvre et du matériel spécifique durant plusieurs années. Les coûts directs comprennent également les dégâts aux infrastructures causés par certaines espèces.

          
A gauche : gestion du myriophylle du Brésil (Myriophyllum aquaticum) en Flandre. Photo: Natuurpunt
A droite : gestion du rhododendron (Rhododendron ponticum) dans les Iles Britanniques. Photo: RPSGroupPlc


D’autres part, il y a des coûts indirects, qui résultent de la perte de certaines fonctions que remplissent les écosystèmes envahis. Par exemple, les forêts envahies sont moins rentables pour la production de bois. Les berges ou les plans d’eau perdent également une part de leur valeur esthétique ou de leur valeur fonctionnelle, dans la mesure où il est plus difficile d’y exercer des activités telles que la pêche ou la navigation.

Aux Etats-Unis, l’impact des plantes invasives sur l’économie coûte approximativement 35 milliards de dollards par an !!

   

 

Et des impacts sur la santé publique

Certaines plantes invasives posent des problèmes de santé publique. La sève de la tristement célèbre berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) cause de sévères brûlures au contact de la peau. Le pollen de l’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia) est hautement allergisant, causant des troubles de similaires au rhume des foins : 5 grains de pollen par mètre cube d’air suffisent à déclencher des troubles. En France, environ 10 % de la population y est sensible. Cette espèce est encore peu répandue en Belgique.

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La berce du Caucase (photo : E. Delbart)

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L'ambroisie à feuille d'amroise (photo : Daglial)