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Comment se dispersent-elles ?

Les plantes invasives présentent d’importantes capacités de croissance et de dispersion naturelle leur permettant de coloniser des milieux variés: elles poussent vite, se reproduisent facilement et en abondance. Certaines sont capables de produire des graines (reproduction sexuée), parfois en très grand nombre, qui seront dispersées le vent, les cours d’eau, les animaux, parfois sur de longues distances.

D’autres espèces se multiplient à partir de fragments de tiges ou de racines (reproduction asexuée ou végétative). Pour la renouée du Japon par exemple, un petit fragment de rhizome (tige souterraine) de quelques grammes peut régénérer l’entièreté de la plante ! Beaucoup de plantes invasives sont aussi capables de produire de nouvelles tiges après que la tige principale ait été coupée. De telles plantes sont particulièrement difficiles à gérer une fois installées dans la nature. En plus de ces capacités de dispersion naturelle, l’homme contribue aussi largement à leur propagation (voir vecteurs d’introduction).

Une grande diversité de systèmes de reproduction

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Un seul individu de berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum) produit de 7000 à 12000 graines qui se dispersent pour la majorité à plus de 4m.

 

 

Photo : J. Bakker

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Le rosier rugeux (Rosa rugosa) est un arbuste exotique qui envahit les dunes du littoral. Dans ces milieux, il est capable de s’étendre annuellement par expansion latérale des rhizomes dans un rayon de près de 50 cm. Ses capacités de propagation végétative lui ont ainsi permis d’envahir 3.5 ha en moins de 50 ans à partir de quelques individus seulement.

 

 Photo : Kolmann

Certains éléments du paysage tels que les cours d’eau, les bords de routes, les voies ferroviaires jouent un rôle prépondérant dans la dispersion des plantes invasives, favorisant le déplacement des graines, fragments de tiges ou de racines.

Les milieux urbains, les jardins, les parcs et les jardins botaniques jouent parfois le rôle de zones « source ». Ces milieux comptent un grand nombre d’espèces exotiques, dont des plantes invasives. Ces éléments font partie d’un « maillage vert » qui les connectent aux milieux péri-urbains, puis aux milieux semi-naturels situés en-dehors des villes. Certaines plantes invasives ornementales utilisées pour l’aménagement des espaces verts ou des bordures de voiries peuvent s’échapper dans les milieux naturels avoisinants. Les graines peuvent être consommées par les oiseaux et transportées sur plusieurs centaines de mètres. Le vent peut lui aussi transporter les graines sur quelques dizaines de mètres, mais peut atteindre plusieurs centaines de mètres en cas de tempête. Les véhicules favorisent eux-aussi la dissémination des plantes le long des routes. Les cours d’eau peuvent véhiculer les graines ou des fragments de plantes sur plusieurs kilomètres.

Certains arbres invasifs plantés en ville peuvent coloniser les milieux naturels

Une étude récente effectuée dans la ville de Berlin (Allemagne) a montré que les graines de certaines espèces invasives plantées en ville pouvaient tomber dans les cours d'eau et être transportées sur plusieurs kilomètres. L’étude a porté sur plusieurs espèces d’arbres, dont l’érable negundo (Acer negundo) et le faux-vernis du Japon (Ailanthus altissima). Une fois dans l’eau, une partie des graines peuvent être véhiculées jusqu’à une distance de 17 km en aval de la ville, et coloniser la plaine alluviale.

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A gauche: le faux-vernis du Japon (Ailanthus altissima), un arbre souvent planté dans les espaces verts (photo: M. Halford).
A droite : cette espèce peut aussi coloniser des milieux naturels, notamment sur sols secs (photo: Y. Dumas)